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Le regard de la paroi, la grotte de l’enfance.

  • ghlemp
  • 11 janv.
  • 2 min de lecture

un artiste tient une torche et dessine au charbon de bois un phacochère sur la paroi de la grotte qui est comme une glace sans tain
le regard de la paroi, la grotte de l'enfance.

Je me place du point de vue de la paroi.


Dans les grottes préhistoriques, les hommes ne dessinaient pas sur un mur vide.

Ils regardaient la roche, ses reliefs, ses couleurs, ses accidents.

Ils n’imposaient pas une image : ils faisaient apparaître ce qui était déjà là.


Je travaille de la même manière.


Peindre, pour moi, c’est écouter la paroi, le support, et tenter de faire apparaître ce qu’il murmure.

Ce tableau est cet instant précis : la communion entre le peintre et la paroi.


Ici, la grotte regarde.


Elle voit l’enfant encore habité par l’évidence du monde, accompagné de son chat.

Elle voit l’adolescent qui a choisi de quitter la grotte de l’enfance.

Elle voit l’adulte qui regarde et se souvient.



Elle voit le peintre qui a gardé son âme d’enfant et qui choisit de tenter de faire apparaître ce qu’il voit.


À la lumière de la torche, sous le charbon de bois, l’animal surgit.

Pas comme une image finie,

ni comme une illustration,

mais comme une apparition fragile,

en train d'être suggérée.

le dessinateur qui fait émerger le phacochère de la paroi

La main n'impose pas.

Elle agit.

Elle accompagne ce qui vient.


La femme présente dans la grotte n’est pas un personnage de plus.

Elle est la gardienne.

La grotte incarnée.


Elle porte la signature sur son sein,

non comme une marque d’ego,

mais comme une trace déposée,

protégée,

transmise.


La paroi vous invite à regarder le peintre qui suit les traces des hommes préhistoriques.


Dialogue à l'atelier :

Le Lapin Pas Si Crétin :— Pourquoi ce titre : Le regard de la paroi ?


Moi :— Parce qu’ici, la paroi est transparente.

Comme un miroir sans tain.


Pour lui faire comprendre ce changement de point de vue,

il fallait lui montrer une création vue depuis la paroi elle-même.


Nous regardons à travers la paroi.

Sans nous en rendre compte, nous devenons des voyeurs du geste,

du processus,

de ce qui se joue avant l’image.


Je n’allais pas peindre sur mes fenêtres.

Je n’ai pas de miroir sans tain.

Et puis, soudain, je me suis souvenue de mon vieux plexiglas.

Celui que j’avais rangé.

Celui qui me servait quand je n’avais pas encore d’atelier.

Il m’accompagne depuis mes seize ans,

depuis les cours de dessin et de peinture par correspondance.

Il a vécu.

Il porte des traces, des rayures, des accidents.

Ce plexiglas n’est pas neutre.

Il a déjà une histoire.

Il est devenu le support idéal

pour montrer le processus

du point de vue de la paroi.


cliquer sur le lien pour visualiser ce qu'est devenu le plexiglas .



Le Lapin Pas Si Crétin : J'ai compris...

Étrangement, la paroi ne voit que la première couche.


Moi : Oui, Excellente remarque !

 
 
 

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