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Barbe Bleue — dispersion

  • ghlemp
  • 26 févr.
  • 1 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 avr.

Ce tableau ne raconte pas le conte.

Il commence après.

Barbe Bleue n’est plus une figure compacte,

ni un visage identifiable.

Sa barbe est dispersée,

fragmentée,

disséminée dans la matière.


La violence n’a pas disparu.

Mais elle a perdu son centre.

La femme est là.

Elle n’attend pas d’être sauvée.

Elle ne fuit pas.


Ses mains sous le menton retiennent un résidu de Barbe Bleue.

Un autre fragment subsiste sur le sommet du crâne.

Autour, les plumeaux bleus : traces légères d’une violence éclatée.


Barbe Bleue, ici, n’est pas vaincu par la force. Il est rendu inopérant par l’éclatement.


Devenir Barbe Bleue en dispersant Barbe Bleue :

non pas reproduire la violence,

mais en retirer le pouvoir.


Ce tableau parle de l’après.

Après le choc.

Après la sidération.

Il n’y a pas de morale.

Il y a une lucidité calme.

La mémoire est présente,

mais elle ne règne plus.


Barbe Bleue — dispersion ne ferme pas la porte.

Il veille.


Ce tableau n’est pas encore figé.

Il est encore dans ce moment fragile, entre ce qui a été brisé… et ce qui se reconstruit.

Le vernis viendra plus tard.

Pour l’instant, il respire encore.

Si ce tableau vous parle, vous pouvez m’écrire.

Il trouvera peut-être son regard avant même d’être terminé.


 
 
 

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