Le chemin de l'imaginaire : quand mes personnages ont envahi le jardin
- ghlemp
- 13 août
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 14 août

Il y a quelque temps, mes personnages ont commencé à sortir de mes tableaux.
Certains se sont glissés dans mes carnets. D’autres ont pris du volume et sont devenus sculptures. Puis ils ont commencé à s’installer dehors.
Peu à peu, le Chemin de l’imaginaire s’est prolongé jusque dans le jardin.
Je ne l’ai pas vraiment conçu sur un plan. Il se construit plutôt comme mes tableaux : je commence, je regarde ce qui apparaît… et je rebondis dessus.
Quand le jardin commence à raconter

Dans le jardin, un arbre, une souche, une branche ou un objet récupéré peuvent soudain changer de rôle.
Une vasque posée sur une souche devient la Vasque des rêves.
Une branche peut devenir une balançoire qui semble prête à vous propulser ailleurs.
Quelques pierres suffisent pour créer le territoire d’un personnage.
Je déplace, j’essaie, je regarde.
Et parfois, j’essaie autre chose.
Une bille de billard, un œuf ou un trésor ?

Une bille de billard jaune se retrouve entre les pattes d’un dragon.
Est-ce encore une bille de billard ?
Un œuf ? Un trésor ?
Je préfère ne pas trancher.
Comme dans mes tableaux, je donne quelques indices. Celui qui regarde peut inventer la suite.
Les personnages voyagent

Certains personnages voyagent aussi d’une œuvre à l’autre.
La chouette, apparue dans Voyage à travers le temps et la mythologie, est devenue sculpture, puis a ressurgi sur un vieux plexiglas à partir de traces anciennes. Aujourd’hui, on la retrouve jusque dans les bras du Minotaure.
Chez moi, décidément, les personnages ne restent pas forcément là où ils sont nés.

Dans le jardin, ces rencontres prennent encore une autre dimension.
Le Minotaure assis sous l’olivier, sa chouette dans les bras, n’est plus seulement une sculpture posée dehors.
Vu de loin, il semble simplement… habiter là.
Et je suis devenue leur Madame Météo

Évidemment, mes personnages ne sont pas tous faits pour affronter les caprices du ciel.
Je suis donc devenue leur Madame Météo.
Quand le vent se lève ou qu’un orage menace, je leur propose de rentrer.
Enfin… « proposer » est peut-être un bien grand mot.
Je les mets à l’abri.
Et lorsqu’ils ressortent, rien ne garantit qu’ils retrouveront exactement la place qu’ils occupaient la veille.
Rien n’est vraiment terminé
La balançoire n'est pas toujours là, la panthère des neiges change de place.
Le Chemin de l’imaginaire n’est pas un jardin décoré et terminé.
Il bouge.
Les plantes poussent, les saisons changent la lumière, les personnages voyagent et de nouvelles idées apparaissent.
Certaines zones sont encore en chantier.

Et c’est très bien ainsi.
Je travaille finalement dans mon jardin comme devant une toile : je fais quelque chose, je regarde ce qui apparaît, puis je rebondis dessus.
Le jardin est devenu à son tour une matière avec laquelle je raconte des histoires.
Et maintenant, à vous d’entrer

Les 2, 3 et 4 octobre 2026, à l’occasion des Journées Nationales des Artistes, j’ouvrirai mon atelier et le Chemin de l’imaginaire aux visiteurs.
Vous pourrez découvrir mes tableaux, mes carnets et mes sculptures, puis sortir de l’atelier et partir à la recherche de ceux qui ont choisi de vivre dehors.
Certains seront faciles à trouver.
D’autres se cacheront peut-être derrière un arbre, sur une souche ou au détour du chemin.
Et d’ici octobre, tout aura probablement encore un peu changé.
Après tout, puisque mes personnages ont réussi à sortir de mes tableaux, je ne vois pas très bien pourquoi ils accepteraient maintenant de rester là où je les pose.
À vous, peut-être, d’entrer à votre tour dans le Chemin de l’imaginaire.
En attentant voici un extrait du carnet accordéon du chemin de l'imaginaire



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